L'initiative de ce congrès est née d'une rencontre de soutien aux proches de Yemanu, sa sœur Yaros, ancienne élève de l’institution d’études prémilitaire Hanaton, et le rabbin Yoav Andi, directeur de la Midreshet Hanaton.
Le rabbin Yoav Andi, directeur de Midreshet Hanaton, déclare : « Il nous est interdit d’attribuer la violence à certains cadres. La violence visant des femmes, la violence au sein de la société arabe, la violence en Judée-Samarie, les violences commises au nom de l'honneur de la famille, la violence dans la jeunesse : il ne s'agit pas de phénomènes distincts. C'est un phénomène vaste et extrêmement effrayant.
L’univers de la jeunesse est affecté par cette réalité, et son évolution prend une direction préoccupante. Nous devons nous réveiller, et nous, au sein des institutions d’études prémilitaires, entendons faire tout notre possible pour placer ce problème à l’avant-scène de l'action éducative en Israël.
Nous appelons les dirigeants à prendre leurs responsabilités, de pair avec la société civile, et à agir pour enrayer cette vague de violence avant qu'elle ne devienne une réalité incontournable. »
Le congrès s'est tenu en présence de la famille de feu Yemanu Zelka, de directeurs et d'élèves d’institutions d’études prémilitaires, qui ont participé à des cercles de discussion sur la situation sociale en Israël et sur les moyens de corriger et de lutter contre les phénomènes de violence qui se multiplient en Israël, aussi bien au sein de la jeunesse que parmi les adultes.
La soirée a été ouverte par Amir Halevi, président du conseil public du comité des institutions d’études prémilitaires. Prirent également la parole Dalia Rabin, directrice du Centre Yitzhak Rabin, Eyal Ostrinsky, président du KKL-FNJ, et Sar Shalom Jerbi, directeur de la division Education du KKL-FNJ.
Au cœur de ce congrès, on assista à un dialogue ouvert entre le rabbin Yoav Andi et Yaros Zelka, la sœur de feu Yemanu Zelka. Cette dernière a partagé sa douleur, les outils acquis dans l’institution prémilitaire, qui lui sont aujourd'hui utiles dans son combat judiciaire, et la responsabilité que porte la société israélienne à enrayer la vague de violence.
Photo : Nahshon Philipson
Yaros Zelka, sœur de feu Yemanu Zelka et ancienne élève de l’institution prémilitaire Hanaton, déclara : « Le drame qui nous a frappés peut arriver à n'importe qui. J'attends des élèves et anciens élèves de l’institution prémilitaire qu'ils fassent rayonner la lumière. Qu'ils soient des partenaires actifs dans la lutte contre la terrible violence qui sévit dans la société. Il est inconcevable de marcher dans la rue avec le sentiment que l'on peut être assassiné à tout moment. Joignez-vous à nous pour discuter, criez cet appel avec nous, levez-vous chaque matin avec la résolution de changer les choses. Engagez-vous dans l'éducation, travaillez avec d’autres, semez l'espoir.
Il importe de notre responsabilité à tous pour qu'ici un autre meurtre ne se produise plus. En tant que société, nous sommes devenus indifférents à la violence. Ce n'est pas le meurtre d'un éthiopien, c'est le meurtre d'un Israélien. Nous ne devons pas considérer ce meurtre comme un incident de cette communauté, ce serait nous fournir une excuse et entretenir le feu des propos d’incitation et de violence au sein de la société israélienne. Le changement doit commencer ici. »
Avishaï Berman, directeur général du conseil des institutions d’études prémilitaires, déclara : « Notre choix de nous réunir peu après le mois de deuil de Yemanu, constitue une tentative à faire, de ce qui s’est passé à Petah Tikva, notre problème à nous tous, un meurtre qui s’est produit chez nous, au seuil de notre maison. Une leçon pour corriger, pour prendre une autre direction.
C’est pourquoi nous avons décidé également, en collaboration avec le KKL-FNJ, que le concours d’entreprises de l’année prochaine, dans les institutions d’études prémilitaires, sera consacré à des initiatives visant à réduire et à éradiquer la violence dans notre société. Que nous allons consolider ces sentiments et ces paroles dans des structures concrètes.
Vous, les 400 jeunes hommes et femmes réunis ici, en cet endroit, avez le potentiel et la capacité d’influencer des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes. D’abord, par votre exemple personnel, puis en choisissant de vous investir et de ne pas rester passifs face à violence qui va en s’amplifiant. Agir autrement, agir avec respect, changer le discours empoisonné sur les réseaux sociaux. Faire le bien. »
Eyal Ostrinsky, président du KKL-FNJ, affirma : « L’assassinat odieux de feu Yemanu Binyamin Zelka marque un événement extrême, qui nous appelle à nous lever de toute urgence. Nous considérons que ce sont les élèves des institutions prémilitaires, futurs leaders de la société israélienne, qui doivent mener le changement, initier un dialogue intégrateur, et unificateur national. En présence de personnalités publiques qui incitent à la haine et à la violence, les institutions prémilitaires édifient une génération de leadership, de responsabilité et d’engagement social, de solidarité et de respect mutuel. Nous, le KKL-FNJ, serons présent aux côtés des institutions prémilitaires, en leur fournissant les outils et les ressources nécessaires pour promouvoir un discours d’unité et éradiquer la violence. »
Dalia Rabin, présidente du Centre Yitzhak Rabin, confia : « Avant son assassinat, mon père nous disait que la violence érode les fondements de la démocratie. Nous sommes réunis ici en mémoire d’un garçon tué par des jeunes qui ont choisi la violence. Nous avons perdu la capacité de supporter autrui, nous vivons dans une société au bord du gouffre. La réalité exige une action collective, et vous incarnez la responsabilité, la solidarité et la mobilisation pour le bien commun. La grande diversité des institutions prémilitaires témoigne de notre conviction en la diversité sociale et en la pluralité des opinions, unies par un même objectif. Les institutions prémilitaires constituent un terreau fertile pour un avenir pluraliste. Notre maison sera la vôtre. Vous êtes l’avenir. »
Le conseil des institutions prémilitaires intègre des dizaines d’institutions prémilitaires à travers le pays, qui éduquent chaque année environ 6 000 élèves, filles et garçons, issus de tous les milieux de la société israélienne. En plus de préparer les élèves à un service militaire significatif, les institutions prémilitaires travaillent tout au long de l'année dans le domaine de l’action sociale, du volontariat et de l'éducation au leadership, à la responsabilité et à l'implication communautaire, dans le cadre d'un effort visant à former une génération de leaders attachés à des valeurs, intégrés et engagés dans la société israélienne.